La dernière balade de Lucy Jordan

de Fabrice Melquiot

2008

 Ari Jordan vit seul avec sa mère Lucy.

Une nuit vers quatre heures de l’après-midi, en rentrant chez lui après le boulot, Ari découvre Lucy morte, affalée dans son fauteuil de moleskine. C’est jour de grève et il pleut, Ari prend sa mère dans les bras et traverse la ville pour rejoindre l’hôpital, donner son corps à la science…

Cette dernière balade conduit le vieux garçon Ari vers une vie à peau neuve. Tandis qu’il traverse la ville il franchit un seuil : celui qui sépare sa vie d’avant de l’inconnu.

Le spectacle est construit comme un rituel. Celui qu'Ari reproduirait sans cesse pour s'affranchir de la mort de sa mère.

Tantôt Ari parle, tantôt les objets parlent, tantôt les souvenirs parlent et même parfois contre la volonté d’Ari.

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Extrait

Te voilà au bercail, au seuil d’une vie qui serait une plaie à elle seule, une vie à peau neuve, dès lors que tu entendras le diamant du pick-up crisser dans le sillon du disque, dès lors que tu verras ta mère dans son fauteuil de moleskine, le cœur à l’arrêt, à son commencement ta plaie de vie tourne autour de ce détail-là, le cœur de Lucy Jordan à l’arrêt (…) T’es au bord Ari, comme un serpent qui mue.

(...)

Lucy Maman Jordan petite mère à téter, je te disais : à force d’être là, l’un contre l’autre, les mots on n’en a plus, je t’ai jamais dit : montre-moi ton herbier, Lucy apprends-moi le nom des fleurs, je te disais : rien, la routine, j’aurais dû te dire chaque goutte de sueur chaque égratignure, te dire les femmes j’en ai peur, les misères avec elles, parce qu’il y en a eu des femmes à misère, la tremblote à chaque fois…

Distribution

de Fabrice Melquiot

Mise en scène et interprétation
Olivier David

Scénographie, objets et costumes
Pascale Blaison


Création lumière
Philippe Lacombe

Univers sonore
Francine Ferrer

Dossier de presse
L'avis du public
  • Olivier David a un parti pris, une interprétation bien particulière du texte de Fabrice Melquiot : alternant la mise à distance et les moments d’intimité touchants, il sait aussi nous en faire voir la drôlerie, presque involontaire, comme attrapée au vol.
    "La dernière balade de Lucy Jordan", c’est aussi la dernière danse d’un fils pour sa mère, comme si l’amour demandait la mort pour pouvoir surgir et le faire renaître.
    Charlotte Cousin
    www.froggydelight.com
  • Un acteur et une mise en scène remarquable !
    Romain/Billet Réduc
  • Beau. C'est l'impression qu'on garde à l'issue de ce voyage où se mêlent arbitraire et onirisme : traversée de la ville et des manifestations un jour - pluvieux - de grève pour rejoindre, le corps de sa mère sur les bras, petit scarabée porteur de petite coccinelle, l'hôpital, Graal pour les quêteurs d'organes...
    La langue, bien sûr, mais aussi la chorégraphie, la reconstitution/création de cette drôle de journée d'Ari.
    Jean-Yves Bertrand
    www.revue-spectacle.com